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Pour l’Atelier du Quatuor, les bois précieux font la qualité des violons

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photo pour fanny reyre menard, luthière, les violons sont plus que des objets d’art : ils ont une fonction artistique. © ofc

Pour Fanny Reyre Menard, luthière, les violons sont plus que des objets d’art : ils ont une fonction artistique.© OFC

À l’occasion des JEMA, l’Atelier du Quatuor nantais vous convie à fêter ses 30 ans d’existence. Une belle rencontre à prévoir avec Fanny Reyre Menard. Luthière passionnée, elle s’investit au niveau européen dans la défense de ce métier d’art, fragilisé par la pénurie de bois précieux. Des matières premières incontournables pour des violons aux sons uniques.

À l’Atelier du Quatuor à Nantes, depuis 30 ans, Fanny Reyre Menard et son mari louent, fabriquent, réparent, achètent et revendent des instruments à cordes frottées (violon, alto, contrebasse). Les deux luthiers se définissent comme des artisans de la musique : « Nous sommes des artisans du XXIe siècle, mais nous sommes également des gardiens du patrimoine, de ces instruments qui ont été faits par nos collègues au XVIII e. Nous ne sommes que de passage dans la vie de ces instruments ! ». Leur clientèle est composée d’amateurs, de professionnels et des écoles de musique en provenance de Bordeaux, Paris, en allant jusqu’à Cork, en Irlande.

Formation ébéniste, spécialité lutherie

C’est lors d’une sortie scolaire, que Fanny Reyre Menard s’est prise de passion pour le violon : « Ce n’est pas qu’un objet d’art, le violon a une fonction artistique : produire de la musique. » Après le bac, elle étudie l’ébénisterie, puis elle s’inscrit dans une école de lutherie en Grande Bretagne.

Pour elle, chaque violon a sa propre voix. À elle, de lui donner sa particularité lors du montage et du réglage de la sonorité : « C’est une partie très importante et un savoir-faire non délocalisable. » La révolution la plus importante dans le monde de la lutherie a été la capacité et la culture du partage d’informations entre artisans. Sinon en quelques siècles, le savoir-faire a peu changé. Les outils sont restés les mêmes.

Les bois précieux nécessaires à la fabrication des violons font l’objet d’un commerce international qui fragilise le métier de luthier. Fanny Reyre Menard monte au créneau au niveau européen.
Les bois précieux nécessaires à la fabrication des violons font l’objet d’un commerce international qui fragilise le métier de luthier. Fanny Reyre Menard monte au créneau au niveau européen. | OFC

Des bois et des violons

Pour concevoir un violon, tout commence par une planche de bois d’épicéa pour le dessus. « Il s’agit d’un bois de résonance par excellence ». Pour la structure de l’instrument, l’érable, bois dense et solide, très esthétique avec ses ondulations sera privilégié. Les bois exotiques denses et très solides, comme l’ébène et le palissandre capables de subir beaucoup de tensions, se retrouvent quant à eux sur des parties et des accessoires qui finalisent l’instrument : la mentonnière, le cordier, les chevilles, les touches.

Ce besoin de travailler avec des bois de très haute qualité a tendance à marginaliser la filière, comme l’explique Fanny Reyre Menard : « Face à une forte demande et une mondialisation de la consommation du bois, nous devons faire preuve de vigilance pour que notre filière existe toujours. En effet, il sera toujours plus rentable pour un forestier de vendre tout son massif pour faire du bois de charpente ou du bois compressé, que de le vendre en petite quantité à notre filière, même si nous l’achetons à prix fort. »

La réglementation sur les essences rares fragilise le métier d’art

En 2017, une autre fausse note s’est glissée dans la partition, avec l’arrivée d’une nouvelle réglementation de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction). Cette dernière impose des permis pour toute circulation du bois de palissandre et des objets utilisant ce bois, tels les instruments de musique. Une nouvelle donne qui complexifie le passage aux frontières et le commerce international des instruments de musique.

Sous sa casquette de vice-présidente de la chambre syndicale de la Facture Instrumentale, Fanny Reyre Menard est en charge avec Jacques Carbonneaux et Michael Jousserand des négociations sur l’utilisation des bois de la famille des palissandres auprès de la CITES.

C’est avec toute sa passion que Fanny Reyre Menard fera découvrir les coulisses de la fabrication d’un violon lors des JEMA 2019. Rendez-vous à Nantes
C’est avec toute sa passion que Fanny Reyre Menard fera découvrir les coulisses de la fabrication d’un violon lors des JEMA 2019. Rendez-vous à Nantes | OFC

Vers une libre-circulation des violons ?

« A l’usage, il s’avère que les instruments de musique sont extrêmement nomades. Nous avons obtenu des exemptions de permis pour les musiciens qui voyagent avec leur instrument, mais ce que nous demandons, c’est que les instruments de musique une fois qu’ils ont été fabriqués avec du bois légalement importé puissent circuler librement sans permis, notamment s’ils doivent être expédiés quelque part pour une réparation. » Soutenue dans son combat par l’Union Européenne, la chambre syndicale a su monopoliser toute la communauté internationale des instruments de musique sur cette question. La réponse définitive de la CITES est attendue en mai 2019.

En attendant le verdict, Fanny Reyre Menard et son mari, ces deux artisans d’art, prendront plaisir à faire découvrir aux curieux et amateurs de musique, les coulisses du métier de luthier lors des journées européennes des métiers d’art. Pour entendre les anecdotes de ces passionnés et s’imprégner de leur savoir-faire, il suffit de s’inscrire sur le site de l’Atelier du Quatuor.

 
JEMA 2019 dans les Pays de la Loire   Ouest-France  

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avatar Simplyfeu
Pour l’Atelier du Quatuor, les bois précieux font la qualité des violons
Simplyfeu

Tout à fait d’accord avec l’article, de notre côté nous observons de fortes tensions sur le bois compressé en tant que matière première. Surtout que l’essence du bois a très peu d’impact sur le pourvoir calorifique. Et que notre filière du bois de chauffage pourrait utiliser des bois bien plus courant pour la fabrication des bûches compressées et granulés de bois pour le chauffage.

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